Histoire de la tour du château et des fortifications

Le première forteresse de Gallardon date du début du Xème siècle et était probablement construite en bois.

Elle est reconstruite en pierre en 1025 par Albert de Gallardon. Ses successeurs contribuent pendant deux siècles à l’extension des fortifications de Gallardon. A son apogée, le château dominait les alentours. Son donjon de 38 mètres de haut, était entouré d’une enceinte de 350 mètres, flanquée de huit tours. L’ensemble était entouré de fossés de 20 mètres de large et de 8 mètres de profondeur.

L’emprise extérieure du château avait une superficie de 9800 m2 pour une surface intérieure de 5100 m2.

Au cours des XIème et XIIème siècle, les successeurs d’Albert de Gallardon n’auront de cesse de renforcer les défenses de la ville. Ils font construire une enceinte fortifiée comportant cinq portes chacune étant composée

d’une herse, d’un pont-levis et d’un bastion : la Porte Mouton, la Porte Notre Dame de la Fontaine, la Porte de la Herse et la Porte de Bretonnière. 

L’enceinte est protégée de fossés secs sur les pentes (notamment à l’emplacement de l’actuelle place du Jeu de Paume) et de douves remplies d’eau dans la vallée.

C’est au début du XVème siècle avec la guerre de cent ans que le sort de la forteresse se joue. Elle subit huit sièges successifs. L’un d’eux est fatal et entraîne en 1421 la perte du château, laissant le donjon dans l’état où nous le connaissons aujourd’hui. Peu à peu les fortifications de la ville sont démantelées jusqu’à la destruction de la dernière porte en 1848 : La Porte-Mouton qui a laissé son nom à la rue où elle était bâtie.

L’épaule de Gallardon

Hauteur : 38,4 mètres

Diamètre intérieur : 9 mètres

Diamètre extérieur : 18 mètres

Epaisseur des murs à la base : 4,5 mètres

Epaisseur au 1er étage : 3 mètres

Matériaux : pierre meulière mélangée de silex. Mortier de chaux, sable et brique pilée.

Le rez-de-chaussée :

Il devait servir de réserves et mesurait 10,30 de hauteur. On aperçoit un conduit jusqu’au premier étage, vestige d’un puits vertical. Ce niveau ne comportait aucune ouverture.

Le premier étage :

Il servait de logis pour les soldats. On aperçoit à ce niveau une archère. Comme sur bon nombre de donjons de cette époque la porte d’entrée se situait à cet étage obligeant à utiliser une échelle pour y accéder. La salle comportait un foyer en briquette encore visible avec le conduit montant dans l’épaisseur du mur jusqu’aux créneaux.

Le deuxième étage :

Il était séparé du précédent par une voûte en blocage pour renforcer la solidité de l’édifice à mi-hauteur. On y accédait par un escalier aménagé dans l’épaisseur du mur. On y aperçoit une archère et les vestiges de latrines se déversant dans le fossé entourant le donjon.

Le troisième étage :

On y distingue des trous de boulins qui servaient à recevoir les poutres portant le plancher supérieur. L’accession à ce niveau se faisait par une échelle.

Le dernier étage :

Cet étage comporte des créneaux. Au XIIIème siècle le seigneur de Gallardon importe du Moyen-Orient, d’où il revient de croisade un système de défense qu’il fait ajouter : les mâchicoulis. Ceux-ci permettaient aux défenseurs de jeter des projectiles aux assaillants. Le donjon fut détruit en 1421 lors de l’assaut donné par les troupes du dauphin, le futur Charles VII. Il s’empare du château et fait ensuite détruire le donjon par un travail de « sape » des fondations : un tunnel étayé est creusé jusque sous les fondations. Le feu est mis aux étaies laissant ainsi s’écroulé le bâti sous lequel le tunnel est situé